Visite virtuelle de l’église

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Le chœur et le sanctuaire

Les magnifiques balustrades du sanctuaire et du chœur ont été acquises par le curé Garenne en 1859; elles entouraient le sanctuaire de l’ancienne chapelle du château de Bercy. Les balustrades à chapiteaux corinthiens sont décorées sur la panse de coquilles et de rinceaux; ils sont de la fin du règne de Louis XIV.

Les stalles ornées de têtes de chérubins.Les stalles, actuellement au nombre de trente, datent de l’époque des Bénédictins ou viennent de l’église de sceaux et de l’ancienne église Notre Dame de Lorette, à Paris.

Leur facture est simple, les miséricordes sont ornées de culots feuillagés, huit sont ornées de têtes de chérubins.Le panneau qui ferme les stalles basses de gauche, côté sanctuaire, est orné d’un buste de clerc barbu et coiffé de la barrette devant un crucifix, style XVII°; peut-être ornait-il autrefois la place du Prieur.

Les boiseries qui revêtent les piliers au-dessus des stalles, ainsi que celles qui sont adossées au mur derrière l’autel Sainte-Anne, sont un chef d’œuvre de la sculpture sur bois du XVIII° siècle; elles ont été acquises en 1841.

Deux autres boiseries ouvrent l’entrée du sanctuaire. Elles se divisent à la manière d’un paravent, en trois panneaux.

Les panneaux centraux se divisent à leur tour en trois dans le sens de la hauteur.

boiserie gaucheCelui de gauche, un ostensoir orne son sommet, son pied est fait d’une poignée d’épis et d’un pampre de vigne; sur l’hostie, le Christ en croix.

Au-dessous, un livre sur lequel on peut lire: Le saint Évangile selon saint Jean, chapitre 1. Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Tout par Lui… Un agneau couché sur un autel forme le troisième volet de ce triptyque.

Les panneaux de côté sont ornés d’une crosse d’épis d’où descendent des bouquets de pampres et d’épis.

 

Boiserie droiteCelui de droite est orné en son sommet d’un chandelier à sept branches avec ses cierges allumés.

Le deuxième volet est formé par les Tables de la Loi, sur lesquelles on peut lire :

«Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’ai fait sortir de la terre d’Égypte, de la maison de servitude. Tu n’auras pas d’autres dieux que moi. Tu ne prendras pas le nom du Seigneur, ton Dieu, en vain. Souviens-toi de sanctifier le jour du Sabbat. Honore ton Père et ta Mère afin de vivre longtemps sur le territoire que le Seigneur, ton Dieu, te donnera. Tu ne tueras pas. Tu ne commettras pas la fornication.»

Au-dessous, les insignes de la royauté. Les panneaux de côté sont ornés de bouquets de roses et de feuilles de chêne et de glands sortant d’une rosace de feuilles de chênes et de glands. Ces mêmes ornements se retrouvent formant la basse du buffet du grand orgue.

Les statues qui ornent le sanctuaire sont en argile peinte et sont l’œuvre d’Hérault. Une vierge Immaculé, de 1831, entourée des quatre Evangélistes, avec leurs attributs;

de gauche à droite :

saint Jean

saint Jean

saint Matthieu

saint Matthieu

saint Marc

saint Marc

saint Luc

saint Luc

 

Le maître-autel

Tabernacle

Tabernacle

Le maître-autel, en marbre blanc et jaune, de style Louis-Philippe, a remplacé en 1877 un autel en bois moins important, dont on a conservé le tabernacle, et qui se trouvait au milieu du chœur, les stalles fermant l’abside.

 

La nef et le déambulatoire

La nef et le déambulatoire

La nef et le déambulatoire

Une seule nef, comportant primitivement sept travées, sans transept, se terminant par le chœur et le sanctuaire, et entourée d’un déambulatoire. Type de l’église conventuelle, dont le déambulatoire ne servait que pour les processions.

Une voûte en berceau et à arrêtes, en stuc, repose sur un entablement que supportent vingt piliers, ornés de pilastres au chapiteau corinthien, et se termine par une abside voûtée en cul de four.

La nef est éclairée par vingt et une fenêtres.

Comme nous l’avons déjà écrit, la nef n’est pas flanquée de nefs latérales, mais bien d’un déambulatoire.

Dans une plaquette offerte en 1832 à ses paroissiens pour le nouvel an, M. l’abbé Garenne écrit:

«Les bas-côtés ne disent rien. L’on y voit aucun ornement d’architecture. Loin de là, le bas-côté de gauche, en entrant, est tout irrégulier. Pas une seule croisée, ni petite ni grande, en parallèle aux sept croisées du bas-côté de droite. Mais ce qui est une irrégularité des plus énormes qui se puisse voir, c’est l’empiètement d’un bâtiment voisin, qui prend les deux tiers de la place, qui obstrue le passage, qui rends ce bas-côté aussi incommode que difforme, et qui offusque les regards les moins susceptibles, n’offrant pour toute surface qu’une plate, épaisse et incommensurable muraille blanche ; inconvénient du reste sans apparence de remède aucun, vu la grandeur, la coordonnance et l’utilité publique de ce bâtiment, qui est le Mont-de-Piété.»

Ces quelques lignes peuvent surprendre à bon droit le visiteur actuel, mais elles valaient la peine d’être citées, elles ne manquent ni de sel ni de finesse, elles sont l’occasion de souligner que c’est à M. l’abbé Garenne que nous devons pour une très large part l’embellissement de l’église, telle qu’elle apparaît de nos jours. Non seulement le déambulatoire de gauche a une largeur identique à celui de droite, mais encore des chapelles ont été construites.

Derrière l’orgue de chœur, le déambulatoire se resserre brusquement de moitié, à cause du Crédit municipal, pour ne plus former qu’un étroit couloir aboutissant à un escalier qui menait au grand orgue, avant que ce dernier ne fût placé à l’entrée de l’église.

Devenant église paroissiale, et privé par la Révolution de ses dépendances indispensables, la partie du déambulatoire qui courait derrière le chœur a été séparé partie dans le sens de la hauteur; le rez-de-chaussée a été transformé en sacristie, le haut servant de tribune au grand orgue.

L’entablement

entablement

Entablement (détail)

Les bas-reliefs qui l’ornent méritent que l’attention du visiteur s’y arrête.

Dépourvue, à l’encontre des églises gothiques, de vitraux ouvragés (ce n’était plus guère le style de l’époque), notre église n’en comporte pas moins un catéchisme en images, placé justement dans l’entablement. Est-ce la présence du ghetto qui a poussé les moines à y inscrire cette Histoire Sainte nous offrant sur le côté gauche, quand on regarde le chœur, les signes de l’Ancienne Alliance, et sur le côté droit leur réalisation dans la Nouvelle?

Au nombre de dix-neuf, ils débutent dans le sanctuaire.

Au-dessus du maître-autel, on lit le nom de Yahvé au milieu d’un triangle en gloire.

Puis à gauche le début du livre de la Genèse: «In principio Deus creavit caelum et terram- Dans un commencement Dieu créa le ciel et la terre».

Lui faisant pendant, le début de l’Evangile selon Saint Jean: «In principio erat verbum- Au commencement était le Verbe».

L’agneau de la pâque juive immolé sur un autel; l’agneau de Dieu, étendu sur une croix, figure du Messie, le Lion qui, pour vaincre, s’est fait agneau.

Le serpent d’airain, sur une croix en tau, au pied duquel grouillent des serpents; Le Christ Jésus en croix. Le premier sauvant de la mort corporelle, le second de la mort de l’âme.

Le buisson ardent, qui brûle par la puissance de Yahvé, figuré par les rayons qui viennent d’En-Haut, et ne se consume pas; l’Esprit-Saint de la Pentecôte, symbolisé par la colombe et les langues de feu.

Les pains de proposition ou d’oblation; la nourriture eucharistique figurée par une hostie au-dessus d’un calice.

L’Arche d’Alliance, trône de la Majesté Divine, où étaient renfermées les Tables de la Loi, la manne, mystérieuse nourriture donnée par Yahvé dans le dessert; un Tabernacle d’autel, où est conservée cette nourriture mystérieuse, la Sainte Eucharistie.

Le chandelier à sept branches; d’un cœur et de mains transpercés coule le Sang sauveur dans un bassin muni de sept fontaines, symbole des sept Sacrements.

La nuée lumineuse qui guidait Israël dans le désert et lors du passage de la mer des roseaux; les fonts baptismaux avec au-dessus l’Esprit-Saint.

L’Arche de Noé, contenant les seuls survivants du Déluge; une église qui figure l’Eglise fondée par Jésus, nouvelle arche de l’unique salut.

Ajoutés en 1863-1864, lors de la construction de la nouvelle travée: la tour de Babel, incendiée par le feu divin, le Tout Puissant qui terrasse l’orgueil humain; la tiare pontificale posée sur des clés, symbole de l’obéissance due à l’Eglise fondée par Jésus.

Ces sujets sont séparés les uns des autres par des initiales qui se répètent: A.M, Ave! Maria; S.B, saint Benoît; S.M, saint Maur; S.G, saint Guillaume; S.S, sainte Scholastique; S.L, saint Louis. Il est facile de comprendre ce que rappellent ces initiales: Notre Dame, dans le mystère de l’Annonciation, Patronne de l’église; saint Benoit, père des moines d’Occident, père des derniers moines qui ont occupé le prieuré; saint Maur, disciple de saint Benoît et patron choisi par la Réforme de Saint-Vanne: les Mauristes; saint Guillaume de Malaval, fondateur des Guillemites, qui précédèrent les Bénédictins; sainte Scholastique, sœur de saint Benoît; saint Louis qui autorisa et autorisa et aida les Blancs-Manteaux à s’établir à Paris.

Sous chaque bas-relief se trouve un médaillon, orné d’une de fleurs.

Reprenant le même itinéraire que pour les bas-reliefs de l’entablement: à gauche du maitre-autel, le Christ; à droite, la Vierge; «Pax» sur trois clous, entouré d’une couronne d’épines, et, répété, le sceau de la Congrégation de Saint-Maur.

Se succèdent ensuite, et en vis-à-vis, les douze Apôtres dans l’ordre où ils sont nommés au canon de la Messe, chacun avec un attribut rappelant son martyr ou sa fonction:

  • Saint Pierre, à gauche, avec une clé, vis-à-vis Saint Paul avec une épée.
  • Saint André avec sa croix, saint Jacques le Majeur avec le bourdon et la coquille du pèlerin de Compostelle.
  • Saint Jean avec un aigle, saint Thomas avec une lance.
  • Saint Jacques le Mineur, premier évêque de Jérusalem; avec une massue, saint Philippe.
  • Saint Barthélemy avec un poignard; saint Matthieu avec une plume d’oie.
  • Saint Simon avec une scie; saint Jude, ou Thaddée avec une hache.
  • Puis saint Benoit et saint Maur, Saint Louis et, vraisemblablement, le roi David.

La façadeÉglise_Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux

Quand on l’aborde par la rue des Blancs-Manteaux, la façade est, en fait, celle de l’église des Barnabites, dessiné en 1704 par l’architecte Cartaud, démolie au moment du percement du boulevard du Palais par le baron Haussmann. La façade, elle, fut démontée pierre par pierre pour être appliquée par les soins de Baltard, avec l’adjonction d’une huitième travée, à l’église des Blancs-Manteaux, au cours de l’année 1863.

Elle se compose de deux ordres d’architecture fort simple:

L’étage inférieur est percé de trois baies; au milieu, un portail en plein cintre, accompagné de deux pilastres doriques, dont le haut est fermé par une fenêtre, protégée par une grille en serrurerie; les vantaux sont classés. De chaque côté, une petite porte surmontée d’un fronton. Dans la frise qui règne au-dessus de cet ordre, de chaque côté du portail, sont sculptées deux aiguières penchées sur un bassin, encadrées de deux branches de feuillage.

A l’étage supérieur, qui surmonte seulement la porte centrale, est ouverte une grande fenêtre en plein cintre, divisée en deux compartiments et accostée de pilastre ioniques entre deux consoles renversées; deux urnes surplombent leur adossement. Le fronton est orné d’une gloire d’où se détachent deux têtes de chérubins.

deux urnes surplombent leur adossement

deux urnes surplombent leur adossement

Les tableaux

Nous parcourons le déambulatoire en commençant par le côté gauche.

Le Lavement des Pieds

Le Lavement des Pieds

Remarquons, au dessus de la porte latérale gauche, une toile signée Fr.-V.Latil, salon 1827, représentant Le Lavement des Pieds.

A la même hauteur, adossée au mur de la premier travée, une toile signée P.-P. Glaize,salon 1863, Exposition Universelle 1867, Jésus guérissant les lépreux.

La chapelle des fonts baptismaux, avec sa cuve en marbre rouge; un cadre en bois sculpté et doré du commencement du XVIII° siècle entoure une copie de la Sainte Famille de Murillo.

Au dessus, une toile quelconque, signée par Jourdy, représente le Baptême de Jésus.

La chapelle de Saint Joseph n’a rien de remarquable; au-dessus, une autre toile conventionnelle représente

Le Mariage de Marie et Joseph, elle est signé par Lafon, 1864.

A la travée suivante, un buste de Saint Vincent de Paul.

A travers le fenestron de droite , on aperçoit la pierre grise du mur d’enceinte construit par Philippe-Auguste.

Au dessus, une figuration bien mièvre de la dernière entrevue de Saint Benoît avec sa sœur Scolastique, signée par Lestang-Parade, salon de 1847.

La chapelle du Sacré-cœur :

au-dessus de l’autel, une toile contemporaine;

à droite, un confessionnal formé de boiseries du XVIII°, au dessus duquel il faut admirer

un Bon Pasteur

de l’école de Philippe de Champaigne.

Vis-à-vis, une Assomption du XVIII°, esquisse vraisemblablement d’une fresque devant orner une coupole ou le haut d’une lanterne, logée dans un beau panneau de l’époque.

Au-dessous, une statue du Saint Curé d’Ars, due au ciseau de Grange (1946), offerte par l’auteur à l’occasion de la restauration de l’église après le bombardement d’août 1944.

La chapelle de Notre-Dame des Victoires n’a rien de particulier.

Nous arrivons ainsi a l’autel de Saint Anne : près de l’orgue de choeur. Le retable est fait avec différentes pièces du XVIII°, le tabernacle est en bois de citronnier, fermé par une jolie porte en bronze doré de l’époque.

Derrière l’orgue de chœur, est adossée au mur , une toile : La Madeleine essuyant les pieds de Jésus ; elle est signé par J.H. Marlet, 1808.

Redescendons le déambulatoire de droite, dont toutes les toiles sont classées.

Commençons par la travée qui est à la hauteur de la grille du choeur: une Annonciation, signé par le Dart, du XVII°

A gauche de cette toile, près de la porte du presbytère: Saint Pierre repentant, bois sculpté du XVIII°siècle.

Une Vierge à l’Enfant, en pierre, qui rappelle certaines vierges champenoises.

L’Enfant Jésus a un fruit dans la main, sa Mère tient un bouquet de fleurs, sur lequel se trouve un oiseau. Elle se trouvait au-dessus de la porte d’entrée, sur la rue des Francs-Bourgeois, où elle a été remplacée par une copie en pierre également.

La multiplication des pains, signée par Claude II Audran, 1683.

Une Assomption de l’école de Philippe de Champaigne.

Une partie de la pierre tombale de Jeanne Briconnet, 1548.

Jésus et Jean-Baptiste enfants avec leurs mères et Joseph ou Zacharie. Cette toile est de l’école de Philippe de Champaigne.

Première travée: une présentation au Temple, signée J. Quantin, 1866.

Au dessus de la porte latérale, une Adoration des bergers, signée par J.M.N Bralle, 1834.

A droite, adossé au buffet d’orgue « le songe de Saint Joseph», Ecole Française du XVII° siècle.

 

Adoration des bergers, signée par J.M.N Bralle, 1834.

Les vitraux

Les seuls vitraux ouvragés sont de facture moderne, dessinés et faits par Lardeur en 1946. Ils racontent les grands traits de l’histoire des Blancs-Manteaux, mais l’artiste a sacrifié la chronologie à son esthétique (en particulier, remarquez la pose de la première pierre de l’église actuelle en 1865).

Les Blancs-Manteaux cèdent leur monastère aux Guillemites.

Les Blancs-Manteaux cèdent leur monastère aux Guillemites.

La pose de la première pierre de l’église actuelle par le chancelier Le Tellier.

La pose de la première pierre de l’église actuelle par le chancelier Le Tellier.

Saint-Louis autorise les Serfs de Marie, les Blancs-Manteaux, à s’établir à Paris.

Saint-Louis autorise les Serfs de Marie, les Blancs-Manteaux, à s’établir à Paris.

Madame Acarie, la bienheureuse Marie de l’Incarnation, réformatrice du Carmel en France, qui habitat rue Ferdinand-Duval, ex-rue des juifs et le cardinal Bérulle.

Madame Acarie, la bienheureuse Marie de l’Incarnation, réformatrice du Carmel en France, qui habitat rue Ferdinand-Duval, ex-rue des juifs et le cardinal Bérulle.

La chapelle Sainte-Geneviève

La chapelle de Sainte Geneviève

La chapelle de Sainte Geneviève

Le déambulatoire de droite, coté est, s’ouvre à la hauteur de la troisième travée sur une chapelle dédiée à Sainte Geneviève, patronne de Paris.

Construite entre 1843 et 1844, de forme très simple, c’est une grande salle rectangulaire, couverte d’une voute de stuc en plein cintre, éclairée sur le côté est par quatre baies. C’est l’architecte Denise qui en a fait le plan.

Pour couper l’humidité et joindre l’utile à l’agréable, elle fut ornée alors de boiseries et de toiles. Les Beaux-Arts de la Ville de Paris l’ont dotée de six toiles de l’Ecole française du 17° siècle. L’état des recherches actuelles ne permet pas de dire qui est en est l’auteur, si elles sont l’œuvre d’un seul artiste ou un d’un atelier.

A gauche, en entrant, dominant l’autel, une statue en bois de Sainte Geneviève, acquise en 1845. La toile de gauche, signée en 1850 par Jollivet, rappelle la rencontre de saint Germain d’Auxerre avec Geneviève. A droite, la Bergère de Nanterre, signée en 1848 par CH. de Champmartin. Au-dessus du fronton de l’autel, la glorification de Sainte Geneviève, signée en 1846 A.B.R.

la glorification de Sainte Geneviève, signée en 1846 A.B.R.

la glorification de Sainte Geneviève, signée en 1846 A.B.R.

Sur le grand côté, face à l’entrée, et de gauche à droite; le Christ promet à Pierre de l’établir chef de son Eglise, de Norbin, 1864; au-dessus, gravé dans le marbre, le texte de Saint Matthieu (16,19): «Je te donnerai les clefs du royaume des cieux»; de J. Jolivet, 1865, Jésus au Temple, avec le texte de Saint Luc (2, 46): «Ils le trouvèrent assis dans le temple au milieu des savants»; enfin, Jésus et les petits enfants, peint par Charles-Henry Michel, 1875, illustre le texte de Saint Marc (10,14): «Laissez venir à moi les petits enfants».

la mort de Sainte Anne, signée en 1640 par Joakim Sandart

la mort de Sainte Anne, signée en 1640 par Joakim Sandart

En haut, la mort de Sainte Anne, signée en 1640 par Joakim Sandart, vient de Munich.

 

 

 

 

On peut lire en capitales romaines IOKIMUS sur la bande blanche au dessus des franges du tapis qui recouvre une table à l’extrême droite.

IOKIMUS

IOKIMUS

Certains veulent y voir la mort de la Vierge Marie, parce que c’est ce qui se peignait ordinairement à cette époque. Qui est alors la jeune femme assise au pied du lit; vêtue d’une robe de velours rose foncé, tout comme le grand personnage qui se trouve à la tête du lit, alors que les autres personnages sont habillés de tissus plus simple? Le peintre ne porte-t-il pas comme prénom le nom que la tradition chrétienne donne à l’époux de sainte Anne?

Les six toiles qui sont en dessous, groupées en polyptyque, représentent six événements consignés dans les livres de l’Ancien Testament et considérés par la tradition chrétienne comme des figures et des signes de Sainte Eucharistie. Pour des raisons d’esthétique, elles n’ont pas été disposées d’après l’ordre chronologique tel qu’on le trouve dans la Bible. Les voici de gauche à droite:

  1. Le prophète Elie (1° Livre des Rois, 19, 1-8).
    Las et découragé de sa course dans le désert vers la montagne de Dieu, l’Horeb, couché au pied d’un genêt, il demande la mort: «C’en est assez maintenant, ô mon Dieu, prends ma vie, car je ne suis pas meilleur que mes pères». Pour toute réponse Dieu lui envoie un ange: «Lève-toi, bois, mange, autrement le chemin sera trop long pour toi». Ici dans le désert, l’ange de Dieu lui-même apporte au voyageur le pain et l’eau qui vont le réconforter. Et dans la force de cet aliment, le Prophète marchera jusqu’à ce qu’il arrive à la montagne de Dieu. «L’homme a mangé le pain des anges», chantait le psalmiste (Psaume, 87, 25), en partant de la manne dont Dieu avait nourri les Israélites dans le désert, 4) toile; il n’est pas étonnant que la tradition chrétienne ait vu dans la manne et dans la nourriture apportée à Elie des figures dont le repas eucharistique est la réalisation parfaite.


  2. La rencontre d’Abraham et de Melchisédech (Genèse 14, 18-20).

    La rencontre d’Abraham et de Melchisédech (Genèse 14, 18-20).

    La rencontre d’Abraham et de Melchisédech (Genèse 14, 18-20).
    La Bible rapporte ici une très courte et mystérieuse histoire. Une razzia de quatre petits «rois», dans le remous de laquelle Lot, le neveu d’Abraham est capturé avec tous ses biens. Abraham n’écoute que son courage et la voix du sang. Il poursuit les pillards, les attaque, remporte la victoire et s’en revient. Pourquoi nous arrêter à ce frêle incident tout local, survenu il y a tant de siècles? A cause de l’épisode du retour. Un homme, nommé Melchisédech, roi d’une petite ville de montagne qui s’appellera un jour Jérusalem, survient à l’improviste. On ne parle de lui que deux versets durant. La Bible dit qu’il apporte du pain et du vin et qu’il est prêtre du Très Haut. Elle dit encore qu’il bénit Abraham. «Béni soit Abraham par le Dieu très haut qui a créé le ciel et la terre!». Elle dit enfin qu’Abraham lui donna la dîme de tout le butin qu’il rapporte. La dîme? La part de Dieu ! Melchisédech, roi est prêtre, est un païen, il adore Dieu comme il peut. Dieu ne lui a parlé comme à Abraham, il ne l’a pas appelé à cette grande mission qui est celle du Patriarche. On ne le rattache à aucune race, à aucune généalogie, contrairement à ce qui se fait dans la Bible. Il apparait comme un mystère. Il est l’ombre d’un autre Prêtre, d’un autre Sacerdoce. Il est figure de Jésus-Christ, Roi de la vraie Jérusalem et Prêtre éternel «selon l’ordre de Melchisédech» (Psaume 110, 4), c’est à dire selon cet «autre» ordre dont Melchisédech est une figure. Saint Paul nous parle longuement de tout cela dans la Lettre aux Hébreux (Hébreux, 5 à 7). Deux versets (18 et 20), mais un trait de lumière, un jalon du Nouveau Testament (cf. Roger Poelman).


     

  3. Moïse a frappé le rocher d’où jaillit l’eau. (Exode 17, 1-7)

    Moïse a frappé le rocher d’où jaillit l’eau. (Exode 17, 1-7)

    Moïse a frappé le rocher d’où jaillit l’eau. (Exode 17, 1-7)
    «…ils campèrent à Réphidim, où l’eau faisait défaut pour désaltérer le peuple. Celui-ci querella Moïse: Donne-nous de l’eau que nous buvions!… Porte-toi, dit Dieu à Moïse, en tête du peuple, en compagnie de quelques anciens d’Israël; prends en main le bâton dont tu frapperas le Nil et va! Voici que Moi je me tiens là, devant toi, sur le rocher d’Horeb; tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau et le peuple boira.»


  4. La Manne (Exode, 16).

    La Manne (Exode, 16).

    La Manne (Exode, 16).
    «Voici que moi,dit Dieu, je vais faire pleuvoir des cieux du pain pour vous; le peuple sortira et en ramassera chaque jour ce qu’il faut pour le jour, afin que je l’éprouve pour savoir s’il marchera selon Ma loi ou non… A la surface du désert il y eut une mince croûte, mince comme le givre sur la terre. Les fils d’Israël le virent et se dirent l’un à l’autre: Mân hou? qu’est-ce?, car ils ne savaient pas ce que c’était. Moïse leur dit: C’est le pain que Dieu vous donne en nourriture.»

  5. David et le prêtre Akhimélech (1° Livre de Samuel 21, 1-7). David entre dans le Temple en quête de nourriture pour lui et ses hommes. Il demande au prêtre: «Qu’as-tu sous la main? Donne-moi cinq pains dans la main, ou ce qui se trouve.» Le prêtre lui répondit: «Je n’ai pas sous la main de pain ordinaire, seulement du pain consacré, pourvu que tes serviteurs se soient éloignés des femmes.» Sur la réponse affirmative de David, le prêtre lui donna don du pain consacré, car il n’y en avait pas d’autre.
  6. Samson mange un rayon de miel (Juges 14).

    Samson mange un rayon de miel (Juges 14).

    Samson mange un rayon de miel (Juges 14).
    En allant voir celle qu’il aimait chez les Philistins, Samson s’était trouvé face à face avec un jeune lion. Saisi de la force de Dieu, il s’empare du lion et le tue sans arme, puis il poursuit son chemin. A quelques temps de là il retourne voir sa bien-aimée accompagné de ses parents; il fait un détour seul vers le cadavre du lion et découvre à l’intérieur du cadavre des rayons de miel; il en prend, il en mange, en porte à ses parents sans leur indiquer l’origine. Miel dont l’origine est mystérieuse pour les parents de Samson; certains y ont vu un signe de cette nourriture mystérieuse qu’est l’Eucharistie.

La chaire de vérité

La paroisse des Blancs Manteaux doit cette chaire au goût sûr de son cinquième curé, M. Garenne, qui l’acheta à l’Exposition de l’Art et de l’Industrie qui a eu lieu à Paris en 1864.

Objet d’ art remarquable en son genre, souligne l’Inventaire fait la même année par le Conseil de fabrique, si elle est venue de Belgique à cette exposition, elle n’en est pas moins un spécimen de l’art baroque-rococo de la Bavière du Nord en autres en Basse Franconie. Sur une des collines qui entoure Würzburg, l’ancienne capitale de cette région, dans la célèbre Kapelle, construite par le non moins célèbre Balthasar Neumann en 1748, on trouve une chaire qui rappelle la nôtre, qui est de 1749 ; d’autres exemples de ce genre de marqueterie ornent des stalles d’église. A Ochsenfurt-am-Main, intéressante cité médiévale à une vingtaine de kilomètres au sud de Würzburg, on peut voir dans la Grande-Rue, au-dessus de la porte de l’hôtellerie «Zum Engel», une statue de pierre de saint Michel qui ressemble étrangement à celle qui domine notre chaire. A Bamberg, l’église dédiée à Saint Michel possède également une chaire analogue à la nôtre, mais qui ne présente pas la même légèreté.

Description

La forme en est très simple: un cylindre terminé au sommet et à la base par des cônes. Sa rampe tournante lui donne une légèreté, un élan, que ne donne pas l’escalier droit de celle de Bamberg.

Avec sa rampe tournante, elle fait songer à une «meggilah» déployée, ces rouleaux richement ornés que l’on peut voir dans les synagogues, sur lesquels est écrite la Parole de Dieu. Peut-être l’artiste y a-t-il songé en dessinant cette chaire qu’il a ornée de médaillons rappelant des points clés de l’enseignement du Sauveur, et d’où devait être proclamé et commenté la Parole de Dieu.

Le gros œuvre est en chêne naturel, orné de consoles, de cadres et de panneaux en bois doré. Le matériau qui entre dans la facture des médaillons, inscrits dans ces cadres en rocaille, est triple: bois d’essences diverses, ivoire naturel ou teint en vert, étain. Un bandeau de rocaille très légère ourle le bas de la rampe et de la cuve.

On peut ne pas aimer le baroque, mais on doit admirer le travail minutieux que représente cette œuvre d’art, dont la finesse des médaillons rappelle l’art chinois.

L’abat-voix est partagé en quatre par des consoles renversées à forte saillie, qui soutiennent le groupe de Saint-Michel terrassant le Diable. A leur Pied les quatre statuettes représentent les Evangélistes, tenant leur livre et ayant à leur côté l’animal symbolique que leur attribue la tradition chrétienne s’inspirant de la vision inaugurale du prophète Ezéchiel (1, 10). De droite à gauche: Luc, Marc, Matthieu, Jean. Ces statues, comme celle de l’Archange, sont en bois doré; le visage et les membres sont peints couleur chair.

Entre les consoles, trois panneaux en marqueterie représentent: celui du centre, le Bon pasteur avec une brebis sur les épaules; celui de droite, Moïse tenant sur le bras gauche les Tables de la Loi et son bâton dans la main droite; celui de gauche, plus difficile à lire, représente vraisemblablement le prophète Elie. Le dessous de l’abat-voix est orné d’une colombe en gloire, symbole de l’Esprit-Saint.

Les médaillons

Au nombre de onze avec ceux de l’abat-voix, le plus important est celui qui occupe le dossier de la chaire. Il nous conte, dans une très belle théophanie, le mystère de l’Annonciation. C’est, probablement, le motif qui a déterminé l’abbé Garenne à acquérir cette chaire pour son église, dédiée à Notre-Dame-de-l’Annonciation.

On y voit le Père Eternel en pied au milieu d’une nuée, appuyé sur un globe, un sceptre à la main; au-dessous l’Esprit-Saint, sous forme de colombe, dirigeant ses rayons fécondants vers la Vierge Marie, à genoux devant l’archange Gabriel. Le père Eternel est entouré de deux personnages de l’Ancienne Alliance: le prophète Isaïe et l’auteur du Cantiques des Cantiques, tenant chacun un cartouche d’étain un passage de leur livre: «Voici une Vierge enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanouel !» (Isaïe 7, 14) ; «J’entre dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée» (Cantiques des Cantiques 5, 1) cf. Luc 1, 26-38.

Les médaillons de la rampe et de la cuve

Sur la porte qui ferme l’accès, un homme abat un arbre, illustrant cette parabole de Jésus: «Tout arbre qui ne porte pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu» (Luc 3,32).

Premier médaillon: la parabole du serviteur impitoyable, illustrant Matthieu (18, 23-25): «Mauvais serviteur…» (32).

Deuxième médaillon: la parabole de l’économe infidèle (Luc 16, 1-12). Le maître est assis, il présente à l’économe son livre de comptes, sur lequel on peut lire : ANNO 1749, vraisemblablement la date de l’achèvement de la chaire. Dans le cartouche: «Rends compte de ta gestion…» (Luc 16-2).

Troisième médaillon: des pharisiens discutent avec Jésus sur le but et l’authenticité de sa mission; le Christ leur dit: «Qui est de Dieu, entend les paroles de Dieu…» (Jean 8, 31-59).

Quatrième médaillon: il évoque l’entretien de Jésus avec la femme de Samarie (Jean 4, 1-12).

Cinquième médaillon: c’est la rencontre de Nicodème avec Jésus: «A moins de naître d’eau et d’esprit, nul ne peut entrer au Royaume de Dieu» (Jean 3, 1-15).

Sixième médaillon: un docteur de la Loi demande à Jésus: «Maître! quel est le plus grand commandement ?» (Matthieu 22, 34-40).

Chacun de ces tableaux est d’une finesse remarquable de composition et de travail, où le menu détail est traité avec un soin délicat.

La chaire et sa catéchèse

Au lieu de ne voir que la manifestation …triomphaliste d’une époque, sachons regarder cette œuvre d’art comme l’écrin précieux qui sert de support à la Parole de Dieu, présentée en images.

Le thème qu’elle présent se noue, semble-t-il, autour de deux idées: l’amour de Dieu pour l’homme, la lutte nécessaire de l’homme contre le péché.

Ces deux idées sont résumées dans le groupe qui la couronne: saint Michel terrassant le démon, l’archange tenant de sa droite l’épée flamboyante brandie par les chérubins à l’entrée du jardin d’Eden pour garder la route de l’arbre de vie (Genèse, 3-24), de sa gauche maintenant, appuyé sur la cuisse, son bouclier sur lequel on peut lire la traduction latine de son nom hébreu : Quis ut deus, «Mi-kâ-êl», c’est-à-dire: Qui est comme Dieu, La force de Dieu écrasant le père du mensonge.

Michel, l’Ange, le Messager de Dieu, envoyé par Lui pour protéger son Peuple, Israël, en Daniel (10, 13), Michel le Chef des Anges fidèles, dans l’Apocalypse (12, 7).

Puis, la grande révélation résumée selon Matthieu, Marc, Luc et Jean dans l’Evangile: le Bon Pasteur se manifestant dans la gloire de la Transfiguration, entouré de Moïse, tenant la charte de l’Alliance, les Tables de la Loi et son bâton miraculeux, et Elie.

Sous l’abat-voix, l’Esprit-Saint en gloire, sous la figure d’une colombe aux ailes déployées, l’Esprit de Dieu qui soutient et éclaire la Parole de Dieu proclamée et écrite, qui assiste l’Eglise, témoin visible de Dieu, qui nous parle par ses ministres.

Le médaillon du dossier apparait comme un trait d’union entre Dieu qui vient d’En-Haut et l’homme dans sa difficile ascension vers Lui. Trait d’union qui souligne la démarche de Dieu vers l’homme accomplissant Sa promesse d’envoyer un Sauveur, plaçant ainsi le Messie comme unique et nécessaire Médiateur entre Dieu et l’homme.

Décrit plus haut, je ne m’arrêterai qu’aux deux textes d’Isaïe, cité par Matthieu(1, 23) pour souligner que c’est en Jésus de Nazareth, fils de Marie, qu’est accomplie en plénitude ce texte considéré comme prophétie messianique. Ce n’est pas le lieu d’en faire l’exégèse. Il faut souligner, pourtant, le rapprochement fait par l’artiste entre ce texte, qui date du VIII° siècle avant Jésus-Christ, et le second qui, lui, est du IV° siècle: «Je suis venu à mon jardin, ma soeur, ma fiancée» (Cant. 5,1). C’est la réponse à l’invitation de la bien-aimée: «Que mon bien-aimé vienne à mon jardin et qu’il mange de ses fruits exquis! (4,16). Au 12° verset, le fiancé dit: «C’est un jardin fermé, ma soeur, ma fiancée…» (4, 12). Dhorme souligne que «c’est la virginité qui est symbolisée par le jardin fermé». (La Bible, II, 1455, Pléiade).

Si le 16° verset du chapitre IV annonce la réponse de Marie à l’Ange: je suis la servante du Seigneur, le rapprochement de ces deux textes de l’Ancien Testament, appliqués à la Sainte Vierge, par l’auteur de la chaire, témoigne de l’exégèse commune des théologiens catholiques des XVII° et XVIII° siècles du texte célèbre d’Isaïe ( cf. IsaÏe, de Steinmann, p.83, 3°a., «Lectio divina», 5, Editions du Cerf).

Les scènes qui ornent la rampe et la cuve sont, toutes, tirées de l’Evangile, illustrant ainsi l’enseignement du Sauveur et soulignant l’ascension qu’Il attend de nous.

Le médaillon de la porte d’accès nous rappelle que l’homme est sur terre pour travailler avec Dieu, le grand jardinier, rendre le monde plus beau. Si le travail de l’homme est stérile, ne mérite-t-il pas le même sort que le figuier stérile ?

La parabole qui suit est un fait divers qui n’a perdu son actualité: notre sévérité vis-à-vis des autres.

Parce que la vie de l’homme a un sens, une orientation fondamentale, il a aussi des comptes à rendre de sa gestion. Cette parabole de l’économe indélicat n’est-elle pas un fait divers, encore actuel, pris sur le vif ?

C’est pourquoi Jésus répond aux pharisiens qu’il faut être de Dieu pour entendre la Parole de Dieu. Il faut acquérir la mentalité que Dieu nous propose et ne pas nous contenter d’observer matériellement des préceptes, des rites.

Cela est si vrai que, lorsque Jésus s’adresse à la Samaritaine, celle-ci, malgré ses fautes, est encore ouverte à la parole de Dieu; non seulement elle accepte les révélations que lui fait le Christ sur sa propre vie, mais elle va chercher ses concitoyens pour qu’à leur tour ils entendent la parole de Jésus et en tirent profit.

En plus de la conversion intérieur, il faut un engagement personnel,celui-là que prend l’adulte en demandant le Baptême, qui le fait renaitre à la vraie vie, promettant d’observer la charte. Et cette charte, pour le vrai sujet du Royaume, ce n’est pas seulement aimer Dieu, mais c’est aussi aimer son prochain. Se souvenir que le second commandement est semblable au premier.

Les orgues

Le grand orgue

Orgue de tribune Kern, 1964 3 claviers manuels et pédalier 42 jeux, 65 rangs    Traction mécanique des claviers / Mechanical key action     Traction électrique des jeux / Electric stop action

Orgue de tribune
Kern, 1964
3 claviers manuels et pédalier
42 jeux,
65 rangs Traction mécanique des claviers / Mechanical key action
Traction électrique des jeux / Electric stop action

L’église possédait, avant la révolution, un grand orgue qui était au bas de l’église, élevé sur une large tribune que soutenaient quatre colonnes torses provenant du maître-autel de la première église. Aucun document ne subsiste sur les circonstances au cours desquelles l’église fut dépossédée de son orgue avant le Concordat.
Après le Concordat, un orgue d’accompagnement neuf à tuyaux de bois, à double claviers avec plusieurs jeux et pédales est installé dans le chœur de l’église. Cet orgue, fait par Larroque, a été, par la suite, agrandi et amélioré par le même facteur. À partir de 1831, Louis Callinet entreprend la construction d’un grand orgue. Comme l’église n’a pas de vraie façade, ni de tribune au moment de l’installation, en 1841, il le place donc sur la sacristie, derrière le sanctuaire.
En 1863, une tribune est édifiée. Les colonnes cannelées et rudentées, au chapiteau ionique, qui soutiennent la plateforme sur laquelle est posé l’instrument sont de la fin du XVIIe siècle et viennent de l’abbatiale Saint Victor, après un passage à Saint-Germain-des-Prés. Le grand buffet, qui repose sur des piliers carrés ornés de magnifiques panneaux du XVIIIe, faisant partie du même lot que ceux que l’on voit dans le chœur, a été dessiné par Varcollier en 1863. Le petit buffet a été fait à l’occasion de la rénovation de l’instrument.
En 1864, Joseph Merklin est chargé de faire le transfert de l’instrument à sa place actuelle. Les travaux sont achevés en 1867 mais il n’a plus que 25 jeux. Il est inauguré, le 5 septembre 1867, par les organistes Édouard Batiste, Alexis Chauvet, Renaud de Vilbac, Eugène Vast, Edmond Hocmelle et par l’organiste titulaire, Hugueny. Mis au goût du jour, si l’on en croit la description faite par le facteur John Abbey en 1910, c’est un orgue symphonique, privé de ses jeux de mutations à l’exception d’un plein-jeu de trois rangs. L’instrument, ajoute John Abbey, a été construit en, utilisant tous les bons jeux de l’ancien orgue Callinet. Toute la partie mécanique, les sommiers et la soufflerie sont neufs. Le travail est bon et cet orgue serait encore en excellent état s’il avait été entretenu avec plus de soin. Que restait-il, en fait, de l’orgue de Callinet? Cinq jeux ont disparu, vraisemblablement les jeux de détail et les mixtures, mis à part, peut-être le plein-jeu du Grand orgue et la voix humaine, tout ce qui, en quelque sorte, soulignait la facture française classique.
En 1925, l’instrument est restauré et agrandi par Auguste Convers qui le porte à 32 jeux. On y trouve un nasard, un 2′, une tierce et un picolo au positif, tandis que le clavier du grand orgue est doté d’un plein-jeu de sept à huit rangs, qui est un cornet sur les deux octaves graves ne devenant plein-jeu qu’à partir du do3 avec une coupure fâcheuse.
Le 26 août 1944, l’instrument est sérieusement endommagé par l’explosion de bombes allemandes à 23 h 20 à côté de l’église. Elle restera sans vitraux et avec des fermetures de fortune jusqu’à la fin de 1946 ce qui sera funeste pour l’instrument, livré ainsi à toutes les intempéries d’autant plus qu’aucun travail sérieux de relevage ne sera entrepris faute de crédits. Les années passent et le grand orgue devient de moins en moins utilisable.
C’est en 1962 que la Commission des Beaux-Arts religieux de la ville de Paris décide sa restauration et il la confie au maître facteur strasbourgeois Alfred Kern, qui achève alors la restauration du grand orgue de Saint-Séverin à Paris.
Démonté en 1965, peu avant Noël, la presque totalité de l’instrument part aux ateliers de Strasbourg. Tout ce qui peut être réutilisé le sera, surtout dans la tuyauterie, entre autres quelques jeux anciens particulièrement beaux, tels le bourdon 8 du positif, la flûte à cheminée 8 du grand orgue, le hautbois du solo.
Entre temps, la tribune est déplacée de 2,50 mètres, ce qui agrandit la plateforme et permettra de reconstruire l’instrument à un mètre environ du mur de façade, ce qui améliorera son acoustique. L’instrument est réinstallé entre octobre 1967 et février 1968; c’est le maître Kern lui-même qui assure l’harmonisation de l’ensemble.
Ses quarante-trois jeux sont répartis sur quatre claviers manuels et pédalier. La console est placée en fenêtre et commande une mécanique suspendue d’une très grande précision. L’appel des jeux est électropneumatique, ce qui a permis l’installation de deux combinaisons libres, facilitant grandement la préparation de la palette sonore pour une pièce.
L’esthétique recherchée dans la composition et l’harmonisation est celle des instruments de l’Allemagne du Nord, conçue et traitée avant tout pour servir le répertoire baroque: la poésie, le lyrisme, les polyphonies complexes d’un J.-S Bach, les fantaisies décoratives ou flamboyantes d’un Buxtehude. Quelques jeux, cependant, se rattachent à la facture française classique, si bien que nos maîtres français du grand siècle n’y sont pas trahis.
Béni solennellement le 25 février 1968, il a été inauguré officiellement par Xavier Darasse, le 25 juin 1968.
En 1991, l’instrument a fait l’objet d’un relevage de la part de Dominique Lalmand ainsi qu’une mise en accord au tempérament Kellner.
Avec cet instrument, Paris possède un grand instrument de caractère franchement nordique, événement dont on peut et doit se réjouir.

L’orgue de chœur

Orgue de choeur Kern, 1971 2 claviers manuels et pédalier 10 jeux, 13 rangs  Traction mécanique des claviers et des jeux

Orgue de choeur
Kern, 1971
2 claviers manuels et pédalier
10 jeux, 13 rangs
Traction mécanique des claviers et des jeux

En s’approchant du chœur, on peut voir également un instrument de taille plus réduite dont la façade, sobre mais harmonieuse, s’inscrit désormais dans l’une des arcades de gauche. Il remplace depuis octobre 1971 l’orgue à un seul clavier et 7 jeux coupés de Merklin qui était caché à la vue et dont tous les éléments étaient à bout de souffle.
Il a été harmonisé en vue d’une double utilisation; d’abord un rôle traditionnel d’accompagnement lors des offices ou des concerts, rendu aisé par un grand nombre de possibilités adaptées à chaque situation: pour une voix faible ou forte, pour un petit chœur ou une assemblée entière, et même pour tel récitatif ou air de musique ancienne, ensuite, il peut assurer, dans la mesure d’un programme adapté, un rôle de soliste épisodique dans des offices à caractère intime ou bien dans un dialogue avec orchestre (concerti classiques), ou encore en réplique au Grand-Orgue.
C’est le sens des jeux de détail très vifs et lumineux, tels le Larigot principalisant et la ravissante Flûte 2′ qui offre un si grand contraste avec la Doublette. L’accouplement des claviers est rarement nécessaire, ce qui permet d’avoir souvent une Pédale autonome. Les plans sont disposés verticalement dans un buffet aussi étroit que possible; le Positif dans le soubassement (le buffet est percé d’ouvertures de part et d’autre de la console), les jeux du premier clavier et la Soubasse de Pédale au niveau de la façade.
Ce petit orgue plein de charme a le mérite de faire entendre des timbres ou des mélanges qui n’existent pas au Grand-Orgue, en dépit d’un « air de famille » incontestable. Il complète ainsi l’équipement instrumental d’une paroisse soucieuse de qualité et ouvre le champ à de nouvelles et intéressantes possibilités.
Dominique Merlet